Savoir dire Stop !

STOP

Si vous ne le savez pas déjà, je suis une personne qui a du mal à s’affirmer et comme beaucoup d’autres j’ai encore plus de mal à dire non. Je me suis souvent posée la question du pourquoi je n’étais pas capable de faire autre chose que d’acquiescer, de dire ou de grommeler un oui alors que ma tête criait incessamment: non!!!

Il s’est passé un évènement cette dernière semaine qui m’a prouvé que j’étais capable de prendre une décision osée, une décision qui pourrait changer le cours de ma vie, de ma routine, et qui pourrait me mettre face au vide, à un nouveau départ et donc aux angoisses de ne pas savoir où j’allais me retrouver.

Cela faisait des mois que je ne supportais plus mon lieu de travail. Ce n’est pas ici que je ferais un procès aux personnes qui m’ont entouré ni à ma hiérarchie car ce n’est ni le lieu, ni le sujet et ce serait fortement déplacé. Le sujet étant plutôt: Oui j’ai pris une décision irréfléchie, émotionnelle, sur le vif et au final ce fut la bonne.

J’avais cette impression de ne plus pouvoir respirer, d’être une bonne à rien, d’être rabaissée, humiliée et de ne pas être prise à ma juste valeur. Je ne dis pas ici que je me vois comme une personne exceptionnelle, mais je ne suis pas une idiote et je ne pense pas qu’une personne doit être traitée comme telle.

Je m’y sentais tellement mal que j’ai fini par en avoir des maux de ventre à chaque fois que j’y mettais les pieds. Dès que je rentrais de mon travail je ne faisais qu’en parler ne laissant plus aucun espace pour autre chose, je lâchais toute ma haine, ma tristesse et ma frustration chez moi, jusqu’à même en rêver. Je me défoulais sur les personnes qui m’entouraient pour me libérer, empoisonnant mon lieu de vie et mes relations. Et pourtant ce job, ce n’était qu’un job que je qualifierai « d’alimentaire », alors pourquoi étais je incapable d’en partir, pourquoi prenait-il autant de place?

La peur tout simplement. Peur de repartir de zéro, de ne plus avoir d’argent, de ne plus me sentir en sécurité, de devoir revivre chez mes parents, de ne pas retrouver de travail, peur de décevoir, peur de ne plus être autonome, de dépendre de quelqu’un…. bref j’avais peur.

Jour après jour, je me sentais décliner, fatiguée, aigrie, triste, mais je continuais à y aller me sentant de plus en plus mal. Et puis il y a eu mon déménagement qui a pris beaucoup de mon temps et qui m’a encore plus épuisée, j’étais devenue une vraie petite boule de nerfs.

Un soir, il y a eu la goutte d’eau qui fut de trop. Je suis partie d’un coup de mon lieu de travail, laissant tout en plan, une puissante montée d’adrénaline se répandant dans tout mon corps, j’en tremblais tellement je me surprenais, tellement je trouvais cela insensé, fou. Je n’y suis pas retournée. Je pensais que j’aurai peur, que je regretterai ce geste, ces mots, et bien non! Je ne me suis jamais sentie aussi soulagée de toute ma vie, et à vrai dire j’en suis même fière. Certes je sais que cette réaction ne jouera pas en ma faveur et que ma hiérarchie a si l’on peut le qualifier ainsi « gagné » ou disons qu’elle a moins à perdre que moi dans cette histoire. Mais dans ce genre de cas je pense que ma santé mentale prévaut avant toute autre chose et puis dans un sens j’ai aussi eu ma petite victoire personnelle. Je me suis prouvée que j’étais capable de dire stop et de faire quelque chose d’insensé pour mon bien, pour moi, sans me préoccuper de l’avis ni du regard des autres et surtout sans avoir peur.

Le fait est que j’ai aussi la chance d’avoir un endroit et un entourage qui me permette de retomber sur mes pieds, tout le monde n’ayant pas ce luxe. Je sais que quoi qu’il arrive mes proches seront toujours là pour me soutenir, et dorénavant je n’aurai plus peur de dire non, même si cela équivaut à repartir encore de zéro.

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