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Ce corps que l’on nous apprend à haïr

Troisième dessin

Aujourd’hui je vous parle du corps, celui de la femme, celui que l’on est censé chérir car c’est lui qui porte et donne la vie. Ce corps dont on ne sait quoi penser, que l’on a du mal à aimer, dont les formes semblent être dictées par des lois absurdes, celles de la perfection, perfection qui n’a elle même aucun sens puisqu’elle n’existe pas.

On ne m’a jamais appris à aimer mon corps et pourtant je pense que ce devrait être une des première chose que l’on doit enseigner à l’enfant. Apprendre à le découvrir, le comprendre, à l’apprécier et à vivre en harmonie avec lui. Notre corps c’est notre machine, notre pilier. Savoir le nourrir et l’entretenir devrait être une de nos occupations premières et pourtant ça ne l’est pas, du moins pas pour tout le monde. Mon corps, je ne l’ai jamais aimé même si je dois bien dire que ces dernières années m’ont donné l’envie de m’y reconnecter, grâce à une personne, l’homme qui partage mon quotidien.

Au cours de ma vie, qui n’est pourtant pas si longue, on m’a montré que les petits garçons ne se faisaient pas tant réprimander que cela quand ils soulèvent la jupe des filles dans la cours de l’école. Je ne compte même pas les fois où cela m’est arrivé. Je me souviens en avoir pleuré car je n’aimais pas l’idée que l’on puisse voir ce qui se cachait sous ma jupe. Du haut de mes 6 ans, je me sentais humiliée, moquée. Au collège, on m’a touché les fesses, une fois, deux fois, trois fois, et malgré mes demandes incessantes pour que le jeune homme arrête, il a toujours continué. Pourtant mon corps, il m’appartient et personne n’a le droit de se l’approprier ou de montrer ce que moi je n’avais pas envie de dévoiler, et lui, le jeune homme qui riait en me voyant le repousser, il aurait dû le savoir.

Premier dessin

Plus grande, en feuilletant des magazines, on m’a appris que les poils c’était dégoûtant, qu’ils fallait les raser, les épiler à la cire, à la crème, les supprimer définitivement jusqu’à utiliser un laser pour avoir la peau lisse d’une enfant avant la puberté. On m’a appris que les hommes n’aiment pas les poils, car avec eux, ma féminité s’en retrouvait amoindrie. Et malheureusement pour moi, bien plus tard, mon premier amoureux, qui soit dit en passant n’était pas une belle personne, a bien appuyé sur ce point en me disant que je ne trouverais personne d’autre que lui car je ne m’épilais pas partout. Qui voudrait d’une femme poilue ? Être une femme c’est être imberbe, je ne suis pas femme si j’ai des poils, les poils sont virils, et pourtant, ils sont bien là pour une raison, non ?

deuxième dessin Lire la suite